En application des articles L.232-21 à L. 232-23 du Code de commerce, les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA, certaines SNC…) doivent déposer leurs comptes annuels au greffe du tribunal de commerce :
Ces comptes deviennent en principe accessibles au public, après insertion d’un avis au BODACC.
La publicité poursuit un double objectif :
La confidentialité constitue donc une dérogation au principe.
Le dispositif distingue aujourd’hui trois régimes.
Les micro-entreprises peuvent demander que leurs comptes annuels ne soient pas rendus publics (à l’exception des autorités judiciaires, fiscales et de la Banque de France).
Une société est qualifiée de micro-entreprise si elle ne dépasse pas, à la clôture d’un exercice, deux des trois seuils suivants (C. com., art. L.123-16-1 et s.) :
Attention : la condition s’apprécie selon la règle des deux exercices consécutifs (article L.123-16 du Code de commerce).
Autrement dit, le dépassement ou le respect des seuils doit être constaté sur deux exercices successifs pour produire effet.
Les petites entreprises peuvent demander que leur compte de résultat ne soit pas rendu public, mais le bilan et l’annexe restent accessibles.
Ne doivent pas être dépassés, à la clôture de l’exercice, deux des trois seuils suivants :
Là encore, la règle des deux exercices consécutifs s’applique.
Les entreprises de taille moyenne bénéficient d’une présentation simplifiée de leurs comptes, sans confidentialité totale.
C’est l’un des points les plus mal maîtrisés en pratique.
Le franchissement d’un seuil ne produit pas d’effet immédiat.
Une entreprise :
Ce mécanisme vise à éviter les changements de régime liés à des variations ponctuelles d’activité.
Dans la pratique, de nombreuses erreurs proviennent d’une mauvaise lecture de cette règle.
Le bénéfice de la confidentialité est exclu si la société :
Autrement dit, même si une filiale respecte individuellement les seuils de micro ou petite entreprise, elle peut être exclue du dispositif en raison de son intégration dans un groupe.
Ce point est particulièrement sensible pour :
La doctrine relève toutefois que l’exclusion des sociétés appartenant à un groupe doit être interprétée avec nuance. En particulier, la CNCC considère qu’une micro-entreprise tête de groupe peut, en principe, bénéficier de la confidentialité de ses comptes sociaux, dès lors que son activité ne consiste pas exclusivement en une activité d’investissement ou de gestion de participations financières au sens du droit européen. Autrement dit, la seule circonstance qu’une société détienne des filiales ne suffit pas nécessairement à lui interdire l’accès au dispositif de confidentialité. Cette position doctrinale illustre les incertitudes persistantes dans l’articulation entre la notion de groupe au sens du droit comptable et le régime de confidentialité des comptes, certaines interprétations privilégiant une approche stricte fondée sur l’existence d’une activité d’investissement, tandis que d’autres retiennent une lecture plus extensive de l’exclusion applicable aux groupes
Certaines entités ne peuvent jamais bénéficier de la confidentialité, notamment :
Ces exclusions visent à préserver la transparence des acteurs présentant un enjeu économique ou systémique majeur.
En accompagnant des cabinets et directions juridiques, plusieurs erreurs récurrentes apparaissent :
Ces erreurs peuvent entraîner :
Compte tenu :
Une simple lecture des seuils ne suffit plus.
C’est la raison pour laquelle nous avons modélisé l’intégralité du dispositif dans un simulateur structuré intégrant l’ensemble des cas limites :
Ce modèle permet d’obtenir une réponse juridiquement sécurisée avant dépôt au greffe.
Au-delà de la technique juridique, le choix de la confidentialité est stratégique.
Rendre ses comptes publics peut :
À l’inverse, la confidentialité peut :
Chaque situation doit être appréciée au regard de la stratégie de l’entreprise.
La confidentialité des comptes annuels ne se résume pas à un simple seuil chiffré.
Elle suppose une analyse structurée intégrant :
Une mauvaise interprétation peut conduire à une publication non maîtrisée ou à un refus du greffe.
Pour sécuriser votre analyse, vous pouvez tester notre simulateur.

